Kagame et Buhari, maîtres du renseignement de l’Union africaine

Le recueil de renseignement dans les pays africains est le parent pauvre de l’Union africaine. Il est géré depuis quelques années par deux pays membres omniprésents, le Rwanda et le Nigeria.

La recherche d’informations confidentielles par les services de l’Union africaine (UA) demeure un sujet tabou de l’organisation d’Addis-Abeba. Le président rwandais Paul Kagame, dont le pays a acquis une forte culture du renseignement, a, depuis quelques années, largement pris l’ascendant sur ce secteur dans l’UA via une personnalité clé.

En effet, le coordonnateur du Committee of Intelligence and Security Services of Africa (Cissa) de l’UA est, depuis 2021, son conseiller principal, le Rwandais John Mugabo. Celui-ci, ancien maire du district de Kayonza, n’a quasiment aucune existence sur internet. Outre les Rwandais, le président nigérian Muhammadu Buhari a également placé ses pions aux postes clés du secteur du renseignement. Jusqu’en 2024, la Cissa aura ainsi comme secrétaire exécutif la Nigériane Zainab Ali Kotoko.

A quoi sert le Cissa ?

Fondé en 2004, le Cissa, relativement peu doté en moyens, met en relation les services de renseignement des 55 pays membres du continent. L’organisme, dont le siège a été inauguré en 2020 à Addis-Abeba, a cette vocation de lien entre les services. Il permet aussi de nourrir le cabinet du président de la commission, Moussa Faki Mahamat, en notes sur les menaces sécuritaires et de le prévenir sur des conflits à venir.

Le Cissa fait ainsi un travail de veille régulière en collaboration avec les services de renseignement des pays membres. Il assiste aussi le département affaires politiques, paix et sécurité – depuis début 2021 aux mains du Nigérian Bankole Adeoye – et demeure le point focal africain d’organisations internationales telles qu’Interpol et le United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC). Jusqu’en 2020, John Mugabo était le coordinateur de l’Intelligence and Security Committee (ISC), dont le but est de faire le lien avec le Cissa. Rattaché directement au cabinet du président de la commission, l’ISC était dirigé, avant l’arrivée de Mugabo, par le Nigérian Okechukwu Emmanuel Ibe, depuis à la retraite.

 

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